Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 00:00

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Une histoire doit toujours être finie. Sans fin, une histoire prend le titre infâmant et misérable de « brouillon ». Et mon maître Djédjadjé n’aimant pas les choses regrettables, infâmantes et misérables (excepté lui-même); il me faut vous con(p)ter la dernière, l’ultime aventure d’un poulet en Oursie.  Et parce que happy end il devait y avoir, il s’agit d’une histoire…d’Amour !

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image023            Zazdarovié! C'est la fin des haricots ! Plus rien à compter. Ca y est, Djédjadjé allait être libéré d’Oursie pour virevolter vers d’autres horizons avec Hevéa corp. Mais quand il n’y en a plus, il y en a encore et ; en se soir de réveillon, le poulet est complètement à la bourre dans ses dernières opérations. Il a rendez-vous à vingt heures pour dîner chez Larouchka à Moscou, et c’est à vingt heure qu’il quitte l’usine à jamais. Si il décide de prendre maintenant le train pour Moscou, il arrivera à vingt-deux heures passées, sachant qu’il devra faire le chemin inverse le lendemain très tôt, car son hôte travaille le jour de Noel. Alors, à quoi bon y aller ?

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Le Destin. Au fond, il s’agit d’une succession de « hasards » et de « chances » dans la vie d’un individu qui, très subjectivement, lui apparaissent liés par « quelque chose » d’inextricable, de mystique. Cette force semble inéluctable, et remplace l’illusion du libre-arbitre et de la décision rationnelle par une vision romanesque, fataliste et parfois transcendantale des « non-choix » réalisés. Laimage020 mise en abyme de la question du « Destin » est souvent introduit par la question « et si j’avais pris une autre décision », ce en faisant référence à une décision prise de manière plus ou moins impulsive, partiellement ou totalement opposé au choix de raison.

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L’histoire ne dit pas si ce qui serait advenu du Poulet dans sa vie future si il n’avait pas été jusqu'à Moscou cette nuit là. Toujours est-il qu’il prit la décision d’y aller quand même, le Diable sait pourquoi. Et cela uniquement pour une courte soirée qui se termina une heure après son arrivée. Une seule heure, une petite heure, une minuscule, une ridicule heure…Certes… Mais quelle heure! Car ce grain de poussière temporel à l’échelle de l’univers fût le premier moment de son existence ou il plongea dans l’océan bleu de ses yeux. Et ce moment d’apnée merveilleuse sembla durer tellement longtemps qu’il crut ne jamais vouloir remonter à la surface. C’est ainsi que Djédjadjé rencontra Yulia.

Ou plutôt, Yulia soumit Djédjadjé à un interrogatoire concernant sa vision des Russes, de la Russie, et des Marteaux-Pillons de la métallurgie creusotine. Tout cela, bien sûr, dans un français parfait. Satisfaite de ses réponses, elle s’éclipsa (certains disent pour vendre ces informations au KGB, mais ce ne sont que bruits et rumeurs infondées). Elle partait en Egypte trois jours après, il était évident qu’il ne se reverraient pas. De toute manière, il avait de nombreuses choses à régler. D’abord, son ami Vincent arrivait bientôt de Coquie pour le nouvel an, et il devait préparer sa venue. Ensuite il lui fallait empaqueter ses affaires afin d’être prêt 10 jours plus tard pour l’ultime voyage : le retour au pays…

Non, elle n’était finalement pas partie. Lui s’en allait 7 jours après. Mais qu’importe : une amatrice d’art, jolie de surcroit ; c’est une compagnie qui ne se refuse pas.

De passage à Moscou, Djédjadjé avait visité la galerie d’art Trétiakov, et comptait bien tergiverser à ce sujet avec la très cultivée Yulia (histoire d’avoir l’air moins stupide au prochain dîner en ville). Il se rencontrèrent au café Pushkine vers six heures. Cinq minutes après le début de leur conversation, ils s’entretenaient déjà depuis trois bonnes heures. Le temps fût facétieux ce soir là : il refusa obstinément de suspendre son vol déraisonnable. Ils quittèrent alors cette faille temporelle afin d’aller dîner ailleurs. Là-bas trois minutes, soit deux heures, s’écoulèrent. Quand vint l’heure de se quitter, Djédjadjé avait raté sont train depuis fort longtemps. Il feignit pourtant de prendre le dernier métro, cela afin de s’éclipser la tête haute (le coq chante, même les deux pieds dans ma m****). Puis il quémanda misérablement le gîte à son amie Laroushka, ce qu’elle lui accorda gentiment.

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Le voici enfin ! Le saint patron des vignerons arriva dans les steppes gelées de L’Oursie au milieu de la nuit, et Djédjadjé était venu le chercher dans sa formidable Dacia Logan bleu. S’en suivi une visite by night de Moscou la magnifique, endormie sous un épais manteau de neige. De touriste, petit poulet était devenu guide de fortune pour une nuit. Quel plaisir de partager ce qu’on à vécu et aimé avec un vieil ami FJMBSYien !! D’ailleurs, ce drôle-là est aujourd’hui dans cette contrée non moins lointaine :

http://tombersurunoz.blogspot.com/

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La nuit suivante était celle de la nouvelle année. Au programme, festin improvisé avec Vincent près de la place rouge : petit toast au foie gras et au fromage accompagné d’un rouge doyen Faugères. Puis les deux amis partirent à la rencontre de Yulia, à qui Djédjadjé avait donné rendez-vous. Présentations faite, il se mirent en route dans les rues enneigées. Après une bataille de boules de neige sur Tchisty proudy, ils allèrent célébrer la nouvelle année au club-rock Krisis Genra. Là-bas, deux âmes se rapprochèrent. Mais le lieu n’était pas propice à la solennité du moment. Et c’est seuls, au milieu d’un lac gelé, cerné par une mégapole de dix millions d’âmes, qu’ils s’embrassèrent.

  

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Les trois jours suivants ; Yulia, Djédjadjé et Vincent firent du tourisme dans la région de l’anneau d’or, puis se quittèrent. Le soir du troisième jour, Djédjadjé fit sa valise. Une fois fait, il s’allongea et une vague d’émotion l’envahit. Demain, Sébastien partirait et laisserait Djédjadjé derrière lui. Il vivait ses derniers moments et déjà sa vie de poulet défilait dans sa tête. Le visage de chaque personne qu’il avait rencontré apparaissaient et disparaissaient les uns après les autres. Puis tout devint flou, et ne resta qu’un immense océan au milieu duquel, le Diable sait pourquoi, flottait de la poussière d’Or.

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Par Sébastien Loranoff - Communauté : Russie
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